Comprendre ce que l’on appelle le “mom rage”
Il arrive à de nombreuses mères de se surprendre elles-mêmes.
Une colère soudaine. Intense. Disproportionnée, en apparence.
Puis cette pensée qui suit presque toujours : « Ce n’est pas moi. Je ne me reconnais pas. »
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces moments ne concernent pas uniquement des mères en grande détresse psychologique. Ils touchent aussi des femmes engagées, aimantes, investies, qui font déjà énormément — parfois trop.
Car si la maternité est souvent racontée à travers ses moments de joie et d’épanouissement, la réalité du quotidien est bien plus exigeante : charge mentale permanente, nuits hachées, responsabilités multiples, pression sociale et peu d’espaces pour souffler.
Une colère qui surgit sans prévenir
Le terme mom rage est de plus en plus utilisé pour décrire ces accès de colère qui peuvent sembler incontrôlables.
Il ne s’agit pas d’un diagnostic, mais d’un phénomène émotionnel bien réel, fréquemment rapporté par les mères.
Ces explosions peuvent être déclenchées par des détails du quotidien : un enfant qui ne coopère pas, un bruit répétitif, un désordre de plus, un oubli du conjoint, une fatigue accumulée.
Ce qui marque profondément, ce n’est pas tant la colère elle-même que ce qu’elle provoque ensuite : culpabilité, honte, sentiment d’être une « mauvaise mère », peur de faire du mal émotionnellement à son enfant.
Non, la colère ne fait pas de vous une mauvaise mère
Avoir vécu des moments de colère ne remet pas en question votre capacité à être une bonne mère.
Cela ne signifie pas non plus que vous êtes inadaptée à la maternité.
- La colère est une émotion normale.
- Elle devient problématique lorsqu’elle est ignorée, refoulée ou incomprise.
Dans bien des cas, le mom rage n’est pas un problème à éliminer, mais un message à écouter.
Ce que la colère vient souvent signaler
Elle surgit souvent lorsque des besoins ne sont plus respectés et que des limites ont été franchies depuis longtemps.
- une surcharge mentale chronique
- un manque de repos réel
- une impression de porter trop, seule
- une difficulté à poser des limites, pour soi comme pour les autres
- le poids des attentes sociales autour du rôle maternel
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’on parle de mom rage plutôt que de parent rage.
La pression qui pèse sur les mères reste encore aujourd’hui largement supérieure, tant sur le plan émotionnel que logistique.
Apprendre à écouter plutôt qu’à réprimer
Chercher à « calmer » la colère à tout prix ne suffit pas.
Le véritable apaisement passe par une compréhension plus profonde :
Qu’est-ce qui manque ? Qu’est-ce qui déborde ? Qu’est-ce qui n’est plus tenable ?
Identifier ses besoins, reconnaître ses limites, comprendre l’impact du rôle maternel sur son équilibre personnel… sont des étapes essentielles pour prévenir ces débordements émotionnels.
Beaucoup de mères n’ont jamais appris à faire cela.
Et ce n’est pas un échec : c’est un apprentissage.
Un message à retenir
Vous n’êtes pas seule.
Vous n’êtes pas défaillante.
Votre colère n’est pas votre ennemie.
Elle est souvent le signe qu’il est temps de ralentir, d’ajuster, de se faire accompagner.
La maternité peut être éprouvante, mais des ressources existent — à condition de s’autoriser à les saisir.



